Estimation de l'incidence économique de la violence conjugale au Canada en 2009

  • Les données fournies par les victimes et tirées de l’Enquête sociale générale (ESG) de 2009 indiquent que 335 697 Canadiens ont été victimes de 942 000 incidents de violence conjugale en 2009;
    • 54 % des victimes étaient des femmes et 46 % des victimes étaient des hommes.
  • Selon les conclusions de l’ESG, il y a eu plus de victimes du conjoint actuel (69 %) que d’un ex‑conjoint (31 %).
  • Selon le Programme de la déclaration uniforme de la criminalité 2 (DUC2), 46 918 incidents de violence conjugale ont été portés à l’attention de la police en 2009;
    • la victime était une femme dans 81 % des cas, et un homme, dans 19 % des cas.

Total des coûts

  • L’incidence sur le système judiciaire, l’incidence sur les victimes principales et l’incidence sur des tiers et d’autres parties constituent l’incidence économique totale de la violence conjugale qui est estimée à 7,4 milliards de dollars pour 2009 au Canada.
  • Cela représente 220 $ par citoyen canadien.
  • La plus grande partie de l’incidence est attribuable aux incidents de violence conjugale commis contre les femmes (4,8 milliards de dollars), tandis que 2,6 milliards de dollars sont attribuables aux incidents commis contre les hommes.

Coûts subis par le système judiciaire

  • Le système judiciaire a subi 7,3 % (545,2 millions de dollars) de l’incidence économique totale :
    • le système de justice pénale a subi un coût de 320,1 millions de dollars (services de police, tribunaux, poursuites, aide juridique et services correctionnels);
    • le système de justice civile a subi un coût de 225,1 millions de dollars (ordonnances de protection civile, divorces et séparations et systèmes de protection de l’enfance).

Coûts subis par les victimes

  • Les coûts subis par les victimes (6 milliards de dollars) représentaient la proportion la plus importante (80,7 %) de l’incidence économique totale.
  • Les coûts subis par les victimes incluent les coûts suivants :
    • les soins de santé et les problèmes de santé mentale (200,4 millions de dollars);
    • les pertes de productivité (53,4 millions de dollars);
    • les coûts des biens endommagés ou détruits (89,2 millions de dollars);
    • les frais juridiques pour les affaires de divorce et de séparation (166,6 millions de dollars);
    • autres coûts personnels (fonctions spéciales pour le téléphone, frais de déménagement) (15,5 millions de dollars);
    • douleurs et souffrances (4 milliards de dollars);
    • pertes de vie (1,5 million de dollars).

Coûts subis par des tierces parties

  • Les coûts subis par des tierces parties (889,9 millions de dollars) représentaient 12 % de l’incidence économique totale.
  • Parmi les coûts importants, mentionnons les suivants :
    • les coûts de fonctionnement des services sociaux (410,6 millions de dollars);
    • les pertes subies par les employeurs (77,9 millions de dollars);
    • les répercussions négatives sur les gains futurs prévus des enfants exposés à la violence conjugale (235,2 millions de dollars);
    • autres dépenses gouvernementales (116,3 millions de dollars); les autres dépenses gouvernementales incluent les programmes et les initiatives des organismes fédéraux, provinciaux et territoriaux, comme l’Initiative de lutte contre la violence familiale (ILVF) du gouvernement fédéral, qui ne sont pas autrement comptabilisées dans les autres coûts;
    • les membres de la famille des victimes de violence conjugale qui ont perdu la vie subissent une perte d’affection et de jouissance (37,1 millions de dollars).

Coûts visibles selon le payeur

  • Les coûts invisibles représentaient la plus grande partie de l’incidence économique de la violence conjugale (74,1 %), suivis des coûts visibles (22,8 %) et de la perte de revenus futurs des enfants témoins de violence (3,1 %).
  • Il est possible de ventiler les coûts visibles selon la partie qui les a réellement payés : l’État (64 %), les particuliers (dont les victimes) (29 %) ou le secteur privé (7 %).

Source

Zhang, Ting, Josh Hoddenbagh, Susan McDonald et Katie Scrim. Une estimation de l’incidence économique de la violence conjugale au Canada en 2009, Ministère de la Justice du Canada, Division de la recherche et de la statistique, Ottawa, 2012.

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