La victimisation avec violence - répercussions sur la santé

Tandis que les conséquences des actes criminels et les expériences des victimes sont toutes différentes, il y a de plus en plus de preuves de liens entre la victimisation avec violence et la santé mentale et physique. Les blessures physiques et les décès constituent les conséquences les plus évidentes de la violence, mais il existe des conséquences plus courantes qui sont de plus en plus reconnues. La présente fiche de renseignements décrit quelques unes de ces répercussions sur la santé, auxquelles pourraient être confrontés les femmes et leurs enfants touchés par la victimisation avec violence. L'accent est mis sur la violence entre partenaires intimes (VPI) et les enfants qui ont été témoins de violence, puisque c'est sur cette question que la plupart des publications sont orientées1.

Répercussions sur la santé des femmes2

Voici quelques uns des problèmes de santé physique associés à la VPI : la douleur chronique, l'invalidité, la fibromyalgie, les troubles gastro intestinaux, le syndrome du côlon irritable, les troubles du sommeil et les réductions généralisées du fonctionnement physique et la qualité de vie liée à la santé. De récentes études indiquent que la VPI peut être associée aux maladies cardiaques.

La plupart des problèmes de santé mentale associés à la VPI sont semblables à ceux liés aux agressions sexuelles, et ils comprennent la dépression, les troubles d'anxiété (notamment l'ESPT), les troubles de sommeil persistants, les phobies et les crises de panique, les troubles psychosomatiques et le comportement suicidaire et l'automutilation, les troubles alimentaires, la toxicomanie, les troubles de la personnalité antisociale et les psychoses non affectives.

La VPI est aussi associée aux troubles gynécologiques, à l'infertilité, aux atteintes inflammatoires pelviennes, aux complications lors de la grossesse et aux fausses couches, à la dysfonction sexuelle, aux maladies transmissibles sexuellement dont le VIH/sida, aux avortements risqués et aux grossesses non désirées.

Chez les femmes victimes d'agressions sexuelles, un faible taux cause des blessures physiques. Ces blessures peuvent avoir des répercussions sur la santé génésique, notamment causer des complications gynécologiques lors de la grossesse (saignements ou infections vaginales, fibromes, diminution du désir sexuel, irritation génitale, douleurs pendant les rapports sexuels, douleurs pelviennes chroniques et infections par voies urinaires), ainsi que des maladies sexuellement transmissibles, y compris l'infection par le VIH.

Répercussions sur la santé des enfants

Les enfants qui sont exposés à la VPI ou qui sont victimes d'abus sexuels pourraient présenter des troubles dans de nombreux domaines, notamment la santé mentale, la santé physique, l'éducation, le comportement criminel et le fonctionnement interpersonnel.

Chez les petites filles, l'abus sexuel est associé à des effets négatifs à court et à long terme sur la santé mentale, selon la gravité, la persistance, et la présence de facteurs de risques et de protection, aussi bien génétiques qu'environnementaux. Ces répercussions peuvent se faire sentir à l'âge adulte; comme le montrent des études réalisées parmi des femmes adultes, il existe une forte association entre l'ASE et la dépression, l'ESPT, les crises de panique, la dépendance à la drogue et à l'alcool et les tentatives de suicide.

L'ASE est un facteur de risque non spécifique d'internalisation et d'externalisation des troubles chez les jeunes filles et les femmes adultes; il est associé aux dérèglements neurobiologiques à la fois chez l'enfant et chez l'adulte, y compris aux altérations de l'axe hypothalamique - pituitaire - surrénal (HPS), du système nerveux sympathique et plus récemment, du système immunitaire.

L'exposition à de multiples formes de violence envers les enfants entraîne des séquelles psychologiques à court terme : l'incontinence, les cauchemars et le retrait social. Les répercussions à plus long terme peuvent être :

  • des troubles de santé physique, dont la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), la cardiopathie ischémique (CI), la maladie du foie, les maladies sexuellement transmissibles (MST), la mort foetale et les grossesses non désirées durant l'adolescence;
  • des troubles de santé mentale, dont la dépression, les tentatives de suicide, les troubles du sommeil et réduction de la qualité de vie liée à la santé;
  • des comportements risqués pour la santé, dont l'alcoolisme et l'abus d'alcool, l'usage illicite de drogue, le risque de violence entre partenaires intimes, la multiplication des partenaires sexuels, le tabagisme et l'usage précoce du tabac, l'initiation précoce aux activités sexuelles.

Sources:

  • AuCoin, K., Beauchamp D. 2007. « Répercussions et conséquences de la victimisation, ESG 2004 », Juristat, vol. 27, no 1, produit no 85-002-XIF au catalogue de Statistique Canada, (site consulté le 25 avril 2012). http://www.statcan.gc.ca/pub/85-002-x/85-002-x2007001-fra.pdf
  • Basile KC, Arias I, Desai S, Thompson MP. (2004). The differential association of intimate partner physical, sexual, psychological, and stalking violence and posttraumatic stress symptoms in a nationally representative sample of women. Journal of Traumatic Stress, 17(5):413-421.
  • Evans SE, Davies C, DiLillo D. (2008). Exposure to domestic violence: A meta-analysis of child and adolescent outcomes. Aggressive and Violent Behavior, 13:131-40.
  • Jordan CE, Campbell R, Follingstad D. (2010). Violence and women's mental health: the impact of physical, sexual, and psychological aggression. Annu Rev Clin Psychol., 6:607-28.
  • Krug EG, Dahlberg LL, Mercy JA, Zwi AB, Lozano R (dir.) (2002). Rapport mondial sur la violence et la santé. Genève : Organisation mondiale de la santé.
  • Gilbert R, Widom CS, Browne K, Fergusson D, Webb E, Janson S. (2009). Burden and consequences of child maltreatment in high-income countries. Lancet, 373:68-81.
  • Kitzmann KM, Gaylord NK, Holt AR, Kenny ED. (2003). Child witnesses to domestic violence: A meta-analytic review. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 71:339-52.
  • Nunes SOV, Watanabe MAE, Morimoto HK, Moriya R, Reiche EMV. (2010). Impact of childhood sexual abuse on activation of immunological and neuroendocrine response. Aggressive & Violent Behavior, 15(6):440-5.
  • Osofsky JD. (2003). Prevalence of children's exposure to domestic violence and violence envers les enfants: Implications for prevention and intervention. Clinical Child and Family Psychology Review, 6:161-70.
  • Agence de la santé publique du Canada. (2010). Étude canadienne sur l'incidence des signalements de cas de violence et de négligence envers les enfants - 2008: Données principales. Ottawa.
  • Organisation mondiale de la santé (2005). Étude multipays de l'OMS sur la santé des femmes et la violence domestique à l'égard des femmes : premiers résultats concernant la prévalence, les effets sur le plan sanitaire et les réactions des femmes. Genève : OMS.
  • Adverse Childhood Experiences (ACE) Study. http://www.cdc.gov/ace/index.htm

  • 1 La présente fiche de renseignements a été préparée à partir du rapport non publié du ministère de la Justice du Canada suivant : Wathen, Nadine. 2012. La victimisation avec violence : répercussion sur la santé des femmes et des enfants. Ministère de la Justice du Canada. Rapport non publié.
  • 2 Chez les femmes autochtones ayant des antécédents de violence, la prévalence de ces troubles, surtout la dépression, peut être plus élevée, même si les femmes autochtones exposées à la violence estiment elles mêmes que leur santé se situe au même niveau que celle des femmes non autochtones.
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